Kessel

Et vous, quel est votre Dieu ? N°30

Où je parle de religion, d'eucharistie, d'hostie sans gluten et du petit Satan que je fus…

l.ordinaire
4 min ⋅ 01/06/2024

Dans mon salon, une petite bibliothèque rassemble tous les livres qui concernent sa quête du sens de la vie et de l’existence de Dieu. Elle se divise en cinq grandes thématiques : science, psychologie (le plus gros morceau), philosophie et spiritualité (le second plus gros morceau). Malgré toutes ces lectures, je suis encore infoutu aujourd’hui de vous dire si j’ai la foi ou pas.

Et vous, qui est votre Dieu ? A quel moment entrez-vous en contact avec lui ? Quand vous êtes dans la merde ou quand vous êtes heureux ? Quand vous êtes inquiet ou soulagé de ne plus l’être ? Il prend quelle forme dans votre esprit, votre Dieu ? Vous le tutoyez ou vous le vouvoyez ? Quel pouvoir lui avez-vous délégué ? De quoi est-il responsable dans votre vie ? Jusqu’à quel point ?

Pour ma part, j’ai eu une éducation catholique traditionnelle, baptisé, première communion, communion solennelle, confirmation et là, après avoir récupéré la montre, le stylo plume et le coupe papier en or, j’ai dit stop. Cela avait commencé bien avant, mes doutes. En réalité, je ne comprenais pas comment un être d’une telle bonté pouvait m’infliger un tel calvaire tous les dimanches ! La messe venait parachever la semaine d’ennui que m’imposait déjà l’école. Assis sur un banc à écouter dimanche après dimanche les sermons ineptes, paraphrase des écritures saintes expurgées de toute substance, qui auraient fait se retourner Jésus dans sa tombe s’il y était encore, à supporter ces sinistres chants de joie aux paroles lénifiantes d’un amour dogmatique, j’attendais, les genoux tressautant, la délivrance de l’eucharistie. Enfin, il allait se passer quelque chose, la vie allait revenir. Première partie : la consécration, le vin pour le sang, le pain pour le corps. J’avais compris la symbolique mais je ne parvenais pas à contacter en moi ce sentiment sacré qui affectait en apparence les visages des paroissiens que je regardais à la dérobée. Ce qui m’intéressait vraiment, c’était la liturgie, voir comment le prêtre s’y prenait pour se laver le bout des doigts, boire au calice, rompre l’hostie et l’enfourner dans sa bouche. Pas si simple car il devait avoir l’interdiction sacrée de la mâcher. Après tout, c’était le corps du Christ, on n’est pas des cannibales, chez les chrétiens !

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l.ordinaire

Par Xavier de Graff

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