Mini série noire
Il ne voulait plus rien entendre.
Qu’elle se taise, qu’elle arrête de l’emmerder avec cette histoire.
Elle y revenait sans cesse depuis un quart d'heure, avec des murmures qu’elle lui crachait dans l’oreille pour ne pas être entendue de Vialat, leur professeure d’anglais.
Il ne voulait plus rien entendre et rester concentré sur le cours.
Elle insista de plus en plus énervée. Il avait peur qu’on les remarque.
Il fit semblant de ne plus l’écouter.
Alors, d'un geste brusque, elle poussa son cahier et son livre qui tombèrent sur sol avec fracas.
Vialat s’interrompit au milieu d’une phrase.
Tous les regards se tournèrent vers eux.
L. se leva, prit son sac et se dirigea vers la sortie. Mais Vialat s’interposa.
— Qu’est-ce qui vous prend, Mademoiselle ?
C’était une professeure sévère dans son aspect et sa discipline. L. tenta de forcer le passage.
— Allez, casse-toi !
Vialat se déplaça pour l’empêcher de passer.
— Personne ne vous a autorisée à vous lever et à partir, Mademoiselle.
L. se tourna vers lui, dos à Vialat et lui mima un pistolet, comme si elle en réclamait un. Il ne comprenait pas ce qu’elle voulait, ce qu’elle attendait de lui.
Vilalat prit L par le bras et la retourna.
— Mademoiselle !
— Mais putain, lâche-moi !
Elle se dégagea d’un geste. Vialat la rattrapa par la manche.
— Mais vous êtes folle, vous êtes complètement folle !
L. plongea sa main dans son sac et en sortit… putain, un flingue !
Il le reconnut aussitôt, c’était le Beretta de son père.
La scène se figea. Puis L. visa Vialat à la poitrine et, sans hésiter, tira.
Clic !
Le chargeur était vide. De rage, elle actionna encore la gâchette en hurlant.
Clic ! Clic ! Clic !
Puis elle mit le canon dans sa bouche et tira une dernière fois.
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